16 avril 2009

La troisième révolution

par Fred Vargas
Dont vous pourrez voir une photo sur le blog ami
Nous y voilà, nous y sommes.
Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance. Nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.

Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés). S'efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

15 avril 2009

Enfer ou paradis?

yoga-m-04.JPG
Une belle histoire à partager que Gabriel Monod Herzen me racontait il y a plus de 30 ans avec son petit sourire pince sans rire et qui me revient par une amie. Il ne s'agit plus de bonzes ni de baguettes de 3 mètres de long et d'un riz délicieux mais c'est la même invitation à vivre ensemble et non enfer...mé!

Un saint homme tenait un jour une conversation avec Dieu ... Il lui dit :- Seigneur, j'aimerais savoir comment est le paradis et
comment est l'enfer ?
Dieu conduisit le saint homme vers deux portes.
Il ouvrit l'une d'entre elles et permit ainsi au saint homme de
regarder à l'intérieur.
Au milieu de la pièce, il y avait une immense table ronde.
Et, au milieu de la table, il y avait une grosse marmite contenant un
ragoût à l'arôme délicieux.
Le saint homme saliva d'envie.
Les personnes assises autour de la table étaient maigres et livides.
Elles avaient, toutes, l'air affamé.
Elles tenaient des cuillères aux très longs manches, attachés à leurs
bras.
Toutes pouvaient atteindre le plat de ragoût et remplir une cuillerée.
Mais, comme le manche de la cuillère était plus long que leurs bras, elles ne pouvaient ramener les cuillères à leur bouche.
Le saint homme frissonna à la vue de leur misère et de leurs
souffrances.
Dieu lui dit :
- Tu viens de voir l'enfer.
Tous deux se dirigèrent alors vers la seconde porte.
Dieu l'ouvrit, et la scène que vit le saint homme était identique à la
précédente.
Il y avait la grande table ronde, la marmite de délicieux ragoût, qui
fit encore saliver le saint homme.
Les personnes autour de la table étaient également équipées de
cuillères aux longs manches.
Mais, cette fois, les gens étaient bien nourris, replets, souriants et
se parlaient en riant.
Le saint homme dit à Dieu :
- Je ne comprends pas !
- Eh bien, c'est simple, répondit Dieu à sa demande, c'est juste une
question d'habileté.
Ils ont appris à se nourrir les uns les autres, tandis que les gloutons
et les égoïstes ne pensent qu'à eux-mêmes.
'L'enfer est souvent sur terre !!!" ....

01 avril 2009

Stage à Concarneau 26 avril

accueil.jpg

Dimanche 26 avril 2009 de 10h à 17h.
Journée de yoga avec Jeannick Méolle et Michèle Stéphany

12 rue Jean Bart à Concarneau

Inscrivez-vous assez vite et posez-vous la question: que venez-vous y chercher, vers où, vers quoi se porte votre désir, celui qui vous déplace pour venir, et de la place, que pourrions nous dire? Ce sera un temps de partage, de pratique et d'approfondissement pour raviver et enraciner l'élan de vie, de Vie!

Concrètement : inscrivez vous auprès de Jeannick et annoncez quel plat salé ou sucré vous envisagez d'apporter pour le repas. Donnez aussi vos questions, attentes et suggestions...

Jeannick Méolle 12 rue jean Bart, 29900 Concarneau 02 98 60 42 51 ou 0688981449 Jmeolle@aol.com
Michèle Stéphany L'Athanor, 21 – Perharidy 29680 ROSCOFF 02 98 69 75 40 ou 06 21 57 08 59

Toutes les notes